Publié le 22 Décembre 2025
15 décembre 2025 | Temps de lecture : 3 minutes

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Tribune rédigée par Smeralda Marzano.
Depuis le 10 décembre, nous travaillons les yeux bandés.
L’étiquette énergétique, notre repère, notre garde-fou, notre manière de vérifier la cohérence d’un DPE, a disparu.
Avant, une étiquette trop haute ou trop basse nous alertait : un point mal saisi, une donnée oubliée, un système mal interprété. C’était simple, logique, professionnel.
Aujourd’hui, on nous demande d’être parfaits… mais sans nous laisser le droit de nous relire.
Avez-vous déjà envoyé un mail sans pouvoir le relire ? Vous appuyez sur “envoyer”, et vous découvrez la faute après coup. Trop tard. Impossible de corriger.
Voilà exactement ce que nous vivons, chaque jour.
Et le pire ? La moindre modification est automatiquement transmise :
avec demandes de justification, contrôles documentaires… et tout cela, à nos frais.
Nous sommes aveuglés, surveillés et facturés. Voilà la réalité.
Et tout ça pour 1,7 % de fraude.
1,7 %.
Ce qui veut dire que 98,3 % des diagnostiqueurs travaillent correctement.
Et encore…
Fraude réelle ? Est-ce vraiment de la fraude, ou simplement des erreurs humaines dans un système parfois incohérent, qui change en continu… et qui s’apprête encore à changer avec le DPE européen ?
Nous ne demandons pas l’impunité.
Nous ne demandons pas de passe-droit.
S’il y a fraude, qu’elle soit traitée comme telle. Les tribunaux existent pour ça, non ?
On n’amène pas toute une profession au tribunal pour 1,7 % de supposés coupables. On ne gouverne pas durablement par la suspicion généralisée.
Et s’il faut contrôler, faisons-le intelligemment. Le client mystère, par exemple, ça peut être une idée.
Pour 1,7 %, on pénalise 100 %.
C’est insensé.
Des solutions existent… mais on ne nous écoute jamais.
Pourquoi ne pas demander l’avis des diagnostiqueurs ?
Nous sommes sur le terrain.
Nous connaissons les réalités, les difficultés, les incohérences.
Nous savons ce qu’il faudrait améliorer.
Qui mieux que les 98,3 % qui font bien leur travail peut conseiller sur notre métier ?
Et la vérité est là : ce ne sont pas les fraudeurs qui partiront. Les fraudeurs resteront. Ils trouvent toujours un moyen.
Ce sont les bons qui vont partir. Les consciencieux. Les sérieux. Les épuisés.
Parce qu’à force d’être soupçonnés, aveuglés, surveillés, on finit par se demander ce que vaut encore notre métier… et ce que vaut notre dignité.
Aujourd’hui, elle semble ne plus valoir qu’un diagnostic à 150 euros.